à la suite d'une discussion avec une camarade sur un site militant, la question de la compréhension me semble centrale ainsi que celle de la philia et donc de l'"aimer".
Qu'est-ce donc que comprendre ?
Qu'est-ce donc qu'aimer ?
Depuis les platoniciens initialisateurs de cette analyse et de cette distinction, le regard de l'humain sur son propre fonctionnement a considérablement évolué
mais quel regard de l'humain ?
Quel humain ?
Seule la toute petite minorité d'individus se creusant la conscience, à toutes les époques, est véritablement concernée, dans le sens de capable de chercher le sens et l'expression de la justesse et du fondamentalisme de cette question.
Aux croisements et recoupements des lectures des divers penseurs analyste de ces questions, il revient systématiquement que l'homme du commun n'y comprend rien
et que le comprendre est la première étape vers le aimer. Pire, les témoignages d'analystes de toutes époques montrent toujours qu'ils sont motivés sur cette question par leur constat de la bêtise souvent cruelle et catastrophique socialement et politiquement, de leur contemporains et tout particulièrement des élites émergentes ou non des groupes sociaux qu'elles prétendent organiser et réguler dans leurs activités.
Ces derniers siècles voient le chamboulement dramatique de ce genre de question par les sciences humaines et sociales autant que par la philosophie.
Aimer, ça procède de l'économie du désir, donc du système de régulation des pulsions via les filtres de l'expérience d'un contexte social, culturel, historique.
L'homme du commun ne voit que l'effet affectif du phénomène et n'analyse rien de l'interdépendance de son histoire environnementale avec l'histoire de son environnement culturel. Toute individuation est le fruit de quelque chose de collectif, d'interdépendant. Personne ne se construit seul et aucune société n'est la somme des individualités constituant ses groupes. Chacun individu présente de nombreuse façons de s'identifier à des groupes de références et donc de nombreuses facettes d'individuation. Le phénomène est trop complexe et demande trop de rigueur à l'humain du commun dans sa relation affective qui lui semble être son propre, son libre arbitre.
Même quand j'écris ces lignes, je ne suis pas sûr d'exprimer et de voir tout ce qui est le fruit de tout ce qui m'a construit. Je ne choisis pas réellement le devenir de ce que j'écris et de ce que je suis. Je me lance dans une tentative de discours pour parcourir l'infini de ce que j'ai vécu qui est bien peu en regard de l'univers des possibles du monde.
Il n'y a pas de libre arbitre.
Je suis prédéterminé. Je découvre ma prédétermination par l'analyse et les expressions circonstanciées de ma personne tout au cours de mon histoire.
Comprendre, ça procède d'une analyse méthodique s'auto-analysant pour se contrôler dans son risque de passer par les filtres de l'économie des désirs, des identifications socio-culturelles, des projections affectives, des affiliations idées/affectes que génèrent immanquablement les relations sociales dont c'est le principe de fonctionnement et qu'il ne faut pas voir comme un inconvénient mais comme une nécessité de cohésion de tout groupe humain, voir animal :
c'est Kropotkine (http://www.marxists.org/francais/general/kropotkine/index.htm), naturaliste avant toute chose qui a développé, avant les néo-darwinistes comme Jay Gould, l'idée que l'évolution s'est faite beaucoup plus par le développement des capacités à la collaboration, l'altruisme, que par la concurrence et la rivalité, offrant du coup aux espèces développant de la sociabilité sur de la coopération des avantages adaptatifs inégalables en face des évolutions cataclysmiques des conditions environnementales et permettant mieux que la survie par rapport aux espèces restant individualistes et concurrentielles.
Loin de moi l'idée de dire qu'il faille plus de compréhension que d'affecte pour inspirer le regard de l'humain sur l'humain.
mais cela veut aussi dire qu'il faille autant d'altruisme que de rigueur et d'auto-contrôle de ses affects, ses identifications à l'autre, dans la construction de ses moyens de compréhension de soi comme de l'autre.
à la lecture, des différentes et nombreuses interventions de populations particulièrement militantes dans des mouvements comme les marxismes et les féminismes, j'observe que bien peu font preuve d'auto-analyse de leur affiliation affective à des idées et se cramponnent à des certitudes en répétant des catéchismes militants, sans même soupçonner n'avoir rien compris, assimiler des mécanismes constructeurs de ces catéchismes.
Ce que j'entends par catéchisme, c'est un corpus de réponses ou d'axiomes ou de concepts et de structures préfébriquées à partir de travaux riches de contextuations et d'analyses ainsi que de propositions d'apprentissages aux développements d'hypothèses comme d'applications pratiques, travaux dont on a fait des synthèses simplificatrices en recherchant une efficacité mémorielle et oratoire afin de répondre le plus rapidement aux situations ou aux interlocuteurs, mais aussi afin de faciliter l'identification primaire à ce corpus des individus prétendant incarner l'idéologie fruit des travaux initiaux.
Un catéchisme est toujours réducteur et n'apprend jamais à comprendre.
Car le "comprendre" demande beaucoup de patience, d'effort et donc de temps.
Mon sourire est très ironimque quand je tombe sur une personne assenant ça réponse catéchiste à une question naïve émanant d'une personne sympatisante mais étrangère au cercle fermé des initiés faisant alors preuve d'un autoritarisme militaire logique avec le comportement militant dont c'est le principe par ailleurs. Mais c'est aussi une facilité primaire. On n'a pas forcément le temps dans le rapport à l'autre de la situation vécue et pratique de tout lui expliquer.
Le comportement militant est issu d'époques où tous les mouvements, toutes les classes sociales, étaient inspirées par l'autoritarisme, ne pouvant concevoir l'altruisme, la collaboration, sans inscription et soumission à des hiérarchies d'autorité et avant toute chose se référant dans leurs actes et leurs discours à des autorités, des personnes distinguées par l'institutionnalisation de l'idée, du corpus idéologique définissant l'identité de membre constitutive du groupe.
L'apothéose historique de l'autoritarisme c'est le 20ème siècle, avec le stalinisme, et le nazisme pour prendre des pôles opposés, mais on peut en fait y mettre aussi l'esprit des phalenstères, la troisième république etc...
Et le 21ème siècle est incapable de s'en affranchir malgré que l'idéologie individualiste, ayant pris le dessus des inspirations comportementales, semble d'abord chercher à s'affranchir de toute autorité et récupérer par là certains principes de l'anarchie et du communisme.
Ce que j'observe de terrifiant un peu partout, y compris dans les fils de commentaires sur de nombreux sites idéologiquement motivés, c'est le refus, autant que paradoxalement la fascination, des affiliations à des autorités individuelles. D'un côté personne ne veut plus de "chef" et de l'autre les mêmes sont fiévreusement souteneurs de personnages prétendument porteurs de leurs aspirations. Il y a certes l'effet des circonstances de fabrication des élites politiques et sociales. Mais pas seulement, et j'observe surtout cela : comment les gens s'identifient paradoxalement de façons identitaires, culturelles, affectives, à des personnages "publiques", reproduisant ainsi le "spectacle" général, en créditant les acteurs de qualités de producteurs des discours, alors que l'analyse de cette production des discours montre que ces mêmes acteurs n'ont plus de libre arbitre (ils sont prédéterminés), pas plus que quiconque, mais encore moins du fait que le "spectacle" n'est rien d'autre que le sens de la pratique totale d'une formation économico-sociale, son emplois du temps. (Evangiles G.Debord,11) et que le spectacle se soumet les hommes vivants dans la mesure où l'économie les a totalement soumis (Evangiles G.Debord,16).
Incapables de comprendre le spectacle, les gens ne supportent plus le "à la fois" des choses en apparence contradictoires.
Ils sont tous rivaux les uns des autres dans l'image qu'ils veulent donner comme "bon" membre de l'idéologie du groupe en récitant des catéchismes.
et donc ne supportent en rien à la fois, les discours ironiques, humoristiques, moqueurs, de leurs couilles leur montant à la tête et de leurs chevilles explosives, et le discours naïf ou au contraire très documenté faisant preuve d'étrangeté au catéchisme, discours dont ils ne voient plus, incapables de comprendre autrement que par comparaison à l'identique, la communauté ou la sympathie.
Le spectacle est quelque chose de dramatiquement sérieux et viril.
Ils sont à la fois toujours soumis à des identités dépersonnalisées ou désindividuationnées et revendicateurs d'individualité méritoire. Ils sont le fruit de standardisations catéchistes et perdent ainsi de leur individuation c'est à dire à la fois ce qui leur permet de s'affilier par des concepts culturels communs à des habitus, donc des groupes de références, et d'incarner l'unicité de l'interprétation individuelle que l'histoire de l'incorporéïfication, l'inscription dans leurs psychologies et la réïfication de cette psychologie par l'action corporelle, c'est à dire comportementale, en boucle interactive, permet.
Contrairement aux apparences, ils sont beaucoup plus incultes que les générations précédentes du 20ème siècles, qui avaient bénéficié d'une formation d'esprit nécessitant patience, assimilation sur de l'analyse de sens et reconstruction de sens du fait que tout support de connaissance et de diffusion de discours était écrit et nécessitait techniquement une activité cognitive très particulière, distanciant le lecteur du monde et donc le mettant defacto dans une position auto-analysante de ses projections de sens.
ça ne suffisait pas comme l'histoire des cas stalinien et nazi l'ont montrer, mais ça existait quand même.
Là ça n'existe plus
L'écrasante majorité des gens n'a même plus de catéchisme à se renvoyer dans les figures.
Ils sont hypnotisés par le totalitarisme sensoriel de l'audio-visuel (cinéma, télévision, vidéo).
Les catéchismes écrits permettaient encore l'assimilation lente par l'éventualité du retour au texte et la médiation chercheuse de sens en regard du décalage de la réalité initiatrice de questionnement.
Maintenant, avec le document audio-visuel, qui est éphémère et ne sert jamais de support au retour à la source et au questionnement, d'une part mais qui de plus n'est jamais analysé et décrypté, parce qu'il est toujours assimilé de façon instantanée et émotionnelle, voire pulsionnelle, ce qui facilité la mémorisation d'un message primaire, immédiat, sur lequel on ne reviendra pas puisqu'il fait poids d'apparence réaliste, les catéchismes sont beaucoup plus inconsciemment incorporés, mémorisés, jamais remis en cause et de plus leur apparence de réalisme contredit la réalité. Freud expliquait que ce qui est inconscient est inaltérable alors que ce qui est conscient s'use.
ça induit encore plus de hiérarchies non dites, inavouées que ce qui était institutionnalisé dans le passé : tout le monde savait que l'autorité était ici ou là et comment. Les uns s'en offusquaient les autres s'y inscrivaient et personne ne l'ignorait. Donc il y avait possibilité de retour contre l'autorité, de révolte, voire de révolution.
là
Les hiérarchies induites par la rivalité entre personnes dépersonnalisée et désindividuées socialement sont totalement ignorées mais totalement actives.
Car l'appauvrissement de la désindividuation produit une frustration de l'être profonde, générant recherche de revalorisation permanente aux yeux du tout un chacun qui devient valorisateur autant que rival, médiateur de désir autant qu'objet de désir : on veut à la fois être l'unique que l'on n'est plus, que tout autre vous ressemble, que personne vous vaille et que tous vous reconnaisse comme valeureux... C'est l'enfer de la rivalité égalitariste de l'uniformité.
C'est le concours permanent des meilleurs élèves fayots dans chaque groupe.
C'est celui qui exprimera le plus efficacement une pulsion d'identification qui remportera l'adhésion des autres.
Il n'y a plus possibilité de révolte collective, donc de révolution, ou de reconstruction sociale. Il n'y a que révoltes et colères des uns contre d'autres uns.
Les militants que j'observe un peu partout fonctionnent comme sarkozy et consor
Ils ne s'expriment pas par jeu ironique
Ils ne s'expriment pas pour expliquer, faire réagir, questionner, amener sur une construction idéologique.
Ils s'expriment pour affirmer l'autorité d'une idéologie qui leur permettra non pas seulement d'agir (puisque dans la réalité, beaucoup d'entre eux n'ont aucun pouvoir d'action, et que leur discours est aussi une hystérie frustrée d'action) mais surtout de se construire une identité dans le regard des autres : reconnaissez moi comme individu incarnation d'une idéologie.
Moi ça me fait fuir.
On ne peut plus participer à rien si quand on arrive quelque part, si l'on est aussi doué dans l'activité de définition du groupe, que le "chef en titre" : tous les membres sont réunis dans leur égalité à la nullitude dont la jalousie est sacralisée dans la position du chef étant seul autorisé à être doué à quelque chose.
Donc les productions de groupes sont souvent, lamentables, forcément.
bon, mon échantillonnage local est particulièrement lamentable et pourrait encore être soupçonné de ne pas être généralisable.
Mais le phénomène se rencontre par d'autres échantillonneurs si j'en crois les témoignages d'autres observateurs dans mon genre : solitaires multidisciplinaires se forçant à s'inscrire dans des "trucs" par nécessité de santé mentale.
(ben oui hein, on est très cultivés mais dramatiquement seuls et totalement conscient d'avoir radicalement besoin des autres, de leur contact, de leur présence, même désagréable.)
Et tous, s'avouent plus ou moins leur impuissance à l'égard de cet état de fait social.
Alors après.
Il y'a la question d'à quoi ça risque de mener tout ça, si on laisse le champ libre à toute critique cynique :
La guerre civile effectivement
Il y'a tellement de frustration du fait de cette dépersonnalisation et de cette nullitudification des gens, que si on ne maintient pas artificiellement le discours dans une certaine lénification, on risque de voir les passions frustrées se déchaîner.
Et ce ne sont pas les gens comme moi qui vont se déchaîner, évidemment, puisque qu'on est les rares à ne pas être enchaînés. (même si on sent qu'on est totalement déterminés, comme c'est conscient, ça s'use, en les chaînes se rompent d'usure.)
En revanche, comme l'humain fonctionne en premier lieu par bouc-émissaire, on va en être les premières victimes.
D'où ma prudence à venir le moins souvent possible nulle part...
Et à rester bien planqué dans une campagne isolée.
Je dis ça avec le sourire.
Mais j'ai très peur de l'avenir.
Pas simplement parce que je n'aurai jamais de retraite , voire de toit pour mes vieux jours.
Mais simplement parce que ça va faire la même chose qu'après la défaite de la collaboration franco-nazi en 1945
Les gens sont incapables techniquement de comprendre
Et ils ne sont plus affectifs mais aveugles à l'autre : l'altérité est synonyme d'aliénité (l'autre est un alien)
Il n'y a plus d'amour : seulement du sexe, de la pulsion, de la violence, de la sensiblerie policée, de la lâcheté, de la manipulation, de la fantasmagorie.
Ils sont "Légion", cet antique personnage rencontré par Jésus, possédé par de multiples démons, disant être plusieurs, ne pouvant être enchaîné car étant enchaîné par le désert, la haine de soi.(Evangiles Luc et Marc)
c'est curieux ça ce choix de cette pianiste de jouer les variations Goldberg...
ça tombe pile poile dans ce que je me remets à étudier patiemment. je n'ai jamais étudié plus loin que les neuf premières variations Goldberg. c'est énorme pour moi, très long. pas toujours difficile techniquement. mais très long à mémoriser. faudrait faire plus de trois heures de piano par jours tous les jours, et je n'y arrive pas. tout seul, sans jamais avoir eu de professeur vraiment motivant, j'arrive quand même à faire de jolies choses. mais c'est pas suffisant.
et puis y'a un truc : j'ai l'impression de me renfermer dans mon petit paradis pas si confortable que ça
et là
cette pianiste, elle, elle avale les trente variations et quelques autres pièces pour les offrir en prière de solidarité à ses compatriotes victimes de l'imbécilités des puissants qu'ils continuent à vénérer... peut-être un peu trop assoupis par les litanies de prières...
non, parce que quand même hein
faudrait arrêter de gober ce genre de gestes, il me semble, quand on prétend être indigné par ce genre de catastrophe...
parce que l'artiste hein, elle va se faire une publicité terrible et vendre son travail et faire croître son capital de respectabilité sociale
mais les puissants continueront à faire des ignominies tout en écoutant les variations Goldberg récupérées par les habitus de leur classe dominante.
et le commun des mortels, continuera à écouter des artistes de variétés médiatisées plus ou moins officiellement, avec des paroles d'une niaiserie équivalente, révoltées ou pas, à celles des prières à l'indiscible dans lequel ils se réfugient tout en se soumettant à la loi du silence et la vénération des autorités...
donc voilà hein, moi je me dis que ça va pas du tout ces artistes là qui se la joue solidaires avec des peuples incultes cautionnant par leur silence autant que leurs fausses révoltes, la hyéarachie des puissants... à laquelle ils aspirent tous en fait...
là il fait beau. hier soir je suis allé me faire un bon djogging
j'ai croisé sur le retour le voisin paysan chez qui je vais chercher du purin pour préparer la terre de mon potager.
on a causé : ben c'est simple, c'est comme ça qu'on organise à notre niveau notre solidarité sociale, en se donnant des tyaux chacun sur son domaine, en se rendant des services, en se souhaitant simplement bon courage.
et aussi, le soir, je retourne à mon clavier et je continue à travailler patiemment des pages de bach malgré mes difficulté de lecture musicale. ben oui hein, c'est comme de mélanger de la terre à du fumier, ça demande du temps et de l'effort. en plus moi, j'ai jamais eu de copain pour m'apprendre à comprendre l'harmonie musicale hein. ni de professeur. fallait du fric, et y'en avait pas. donc je besogne à la bèche dans le jardin, et avec les yeux et les mains entre les partitions et le clavier.
j'vais pas obtenir de capital de respectabilité sociale avec ce que j'arrive à jouer, ni avec les sympathies de mes voisins paysans.
mais j'aurais évité de faire croire à des gens à des milliers de km de là où je vis qu'ils s'en sortiront en écoutant ma musique
et j'aurais simplement vécu la vie simple et tranquille avec les quelques complicités pratiques de voisinage, tout en étant capable par ailleurs d'analyser le fonctionnement du monde, en reconnaissant que par exemple toute la chaîne des éléments intervenant dans ma possibilité d'écrire sur ce site, de faire du piano chez ma mère, de préparer la terre de mon potager, est une formidable fourmilière d'acteurs liés au delà de toutes les frontières par des nécessités pratiques et communes : se loger, se nourrir, se soigner, s'instruire, pratiquer ses talents et entretenir son plaisir d'agir avec son corps et sa sensibilité, donc s'aimer et être aimé, en toute simplicité.
ça m'intéresse pas de jouer les variations Goldberg pour qu'on les écoute en me diasnt "waou, qu'est-ce que tu joues bien..."
en revanche, ce qui me fait très plaisir, c'est quand on me demande comment on peut se mettre à jouer du piano sans professeur, sans explication harmonique, juste avec des partitions, sa sensibilité et son affection.
ça me fait aussi plaisir quand quelqu'un, à partir des partitions que j'explore m'explique un truc d'harmonie qui m'aide à mémoriser les gestes, produire la musique.
alors maintenant, certes j'aimerais bien avoir les moyens d'organiser là où je vis, la production d'électricité collective sans le nucléaire et les merdes qui enrichissent les salauds du monde, l'assainissement des eaux usées en addéquation avec les conditions locales, l'organisation de la distribution de l'eau dans le coin, et plein d'autres trucs. à certain machins, je peux participer de part mes connaissances techniques, à d'autres simplement parce que je suis encore valide physiquement pour faire des travaux...
mais voilà
c'est pas comme ça que ça marche. y'a pas que les artistes qui ne vendent leur travail que par pur orgueil et recherche de croissance de leur capital de respectabilité sociale : y'a tous les gens qui sont propriétaires de ressources et de moyens de productions et dont le pouvoir tient au réseau qu'ils entretiennent de pouvoir réciproques les uns sur les autres : l'économie, c'est pas une histoire de marché et d'offre et de demande. l'économie c'est un système d'affiliation de pouvoirs et de dominations et de soumissions réciproques à des habitus. et à tous les niveaux, personnes ne fait ce qu'il veut. tout le monde concours à la fierté de l'autre en échangeant des dominations et des soumissions réciproques. avant de lire Marx, il est important de lire Ricardo par exemple.
y'a longtemps que des gens l'ont expliqué sous différents angles... avec beaucoup de succès quant à la récupération de toute sagesse afin de donner une légitimation à un élu de la hyérarchies de la pyramide des compromission.
que reste-t-il à faire : éteindre son poste de radio, de télévision... et aller voir son voisin
là je vais chercher du fumier.